Porter le TDA

C’est la semaine dernière que ça m’a sauté dans face. Un bon coup de poing.

J’ai peut-être quelque chose qui cloche. Non, j’ai plutôt pensé, ha c’est sûr que j’ai quelque chose qui cloche. Enfin, je mettais le doigt sur mon bobo de longue date. Le bobo qui m’a fait rater bien des rendez-vous. Celui qui a fait en sorte que j’oublies au moins trois fois mon stock dans la machine à laver. Le même bobo qui a blessé des gens autour de moi par mon manque de fiabilité.

C’est un bobo fragile avec lequel je vis sans trop m’en rendre compte, mais qui gruge beaucoup trop de mon énergie et l’énergie de ceux qui m’entourent (je te lève mon chapeau Mig)…

Je suis à deux doigts d’avoir un diagnostic de TDA. Par deux doigts, je veux dire que ma maman me l’a donné (ha ha!) et un professionnel de la santé en est convaincu. Il ne manque qu’à tout officialiser, mais, je n’ai pas besoin de l’officialiser pour être convaincue. Je sais.

Voilà.

Sur le coup, je suis un peu sonnée. Ça me fait ch&?%$%$?%/ d’être consciente d’avoir un défaut assez important. Ça me choque de réaliser que mon problème a un nom qui ne m’attire pas trop et que j’ai tellement entendu. Ça me blesse de me mettre une étiquette dans le front.

Mais, après avoir bien réfléchie, je suis soulagée. Enfin, je sais ce qui cloche avec moi. Je mets enfin des ‘’Pourquoi’’ sur plusieurs situations où j’ai perdu le contrôle.

Juste pour le fun, je me mets à reculer dans le temps et à penser aux petites choses qui font que j’ai oublié.

Je n’ai pas besoin de reculer bien longtemps. L’heure d’avant clignote déjà dans ma tête. Ça vaut la peine que je vous mette dans ma peau juste une petite demi-heure. Juste pour comprendre ce qui se passe en dedans d’Abi.

Je suis au McDo avec ma petite troupe sans Miguel. Rien de bien forçant tant qu’il y a des jeux. On finit notre lunch et on prend ce qu’il reste de nos superbes croquettes pour le reste du voyage (j’ai 4 heures de route devant moi, direction Lanaudière pour faire le plein de la familia). J’embarque ma gang dans l’auto en déposant nos croquettes sur le toit de ma voiture.

Devinez qui a oublié les croquettes? Je m’en rends compte dans le stationnement, fioufff pour les croquettes et encore plus fioufff pour le ventre gourmant de Nolan, mon petit cochon. Je me dis que je pourrais profiter d’être sortie de l’autoroute pour acheter le cadeau de Papi, une belle bouteille de Brandy à la SAQ. En direction de la société des alcools, je panique. Je ne trouve plus mon téléphone. Vous savez ce moyen de communication très pratique que je perds TOUJOURS. Je vire le char de bord (en bon québécois) pour finir par le trouver en dessous de mes fesses, câline.

Bon on finit par se rendre dans le plus beau magasin d’alcool. Je trouve LA bouteille parfaite et me dirige vers la caisse.

-Avez-vous votre carte de points?

Oui, bien entendu, j’en ai une. Mais, bien entendu, pas sur moi.

Et là, la panique reprend. Où est ma carte de crédit??? Celle qui va me permettre de payer. Je fouille activement mes poches et ne la trouve nulle part. Quelle bonne nouvelle (NON!). Je me demande si je ne l’ai pas oublié au McDo et là, la machine à scénario embarque. Ce ne serait pas la première fois que j’oublierais mes choses dans CE McDo (j’y ai déjà laissé mon téléphone en m’en rendant compte deux heures de route plus tard). Je retourne donc les mains vides vers ma voiture toujours en bonne compagnie. Je rage en dedans de moi. Je finis, heureusement pas trouver ma carte tombée dans le fond de ma voiture. Prise deux pour la bouteille. Elle devient finalement MIENNE.

Je rattache mes enfants patients dans la voiture et me dis que plus rien ne peut m’arriver puisque je ne ferai plus d’arrêt. Et voilà que je sors du stationnement et BAGGGG, ma voiture fige dans le temps. Elle s’arrête complètement dans la sortie du stationnement. Câline!

J’ai un flash. Ce n’est pas la première fois qu’elle me fait ça, mais j’ai oublié. Ma voiture m’avait fait ce genre de tour dans mon petit coin de pays une semaine plus tôt. Elle s’était arrêtée deux fois juste comme ça pendant que je conduisais. Et j’ai complètement oublié ce détail avant de prendre la route pour me rendre dans ma famille, soit 7 heures plus tard.  

Câline 3X.

J’appelle Miguel.

Pas fier fier le gars. Il est vraiment déçu que j’aie oublié un ‘’détail’’ si important : « Ça pourrait être dangereux Abi. La voiture peut s’arrêter n’importe quand, n’importe où. »

J’avoue que ce n’est vraiment pas fort et je ne me sens pas du tout en sécurité.

Et là, j’ai une prise de conscience. Qu’est-ce qui cloche chez moi?

Mon aventure de la semaine dernière n’est qu’une petite brèche de ma réalité. C’est mon quotidien.

Mais, si j’étais tannée de toujours être sur une autre planète. Si j’étais désespérée.

Je voudrais que ça change. Pour être à la hauteur de qui je suis. Pour être une maman sur qui mes enfants peuvent compter en tout temps. Être une femme sur qui mon homme peut s’appuyer sans avoir peur de tomber. Être une amie qui n’oublie pas.

Et c’est là que je suis rendue. C’est pas loin. Mais, ce l’est beaucoup plus que dans le déni. Et pour moi, ça compte en titi. La suite, elle va se vivre un jour à la fois avec beaucoup de solutions mises en place et beaucoup d’espoir. La suite, je vous la raconterai quand elle sera efficace.

En attendant, je souhaite sincèrement devenir plus. Plus efficace, plus fiable.

Un commentaire

  1. T’en fais pas Abi , on a tous quelque chose à changer, l’important c’est de le savoir et d’y travailler. Dans la vie, on doit tous faire ce que l’on peut et ce que l’on veut vient après . On t’aime comme tu es . 😉

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