Mon blondinet, notre combat.

C’est fragile. 

C’est très fragile. 

C’est à propos de mon premier. Mon premier fils. Zack.

Depuis qu’il est bébé, Zack a ce petit quelque chose de spécial. Je ne suis pas très objective, je suis sa maman. Mais, je vous le dis, il a un petit côté givré, un petit côté bien à lui qui fait qu’il est exceptionnel. Bébé, lorsqu’il rencontrait quelqu’un de nouveau, immédiatement il lui tirait la langue en laissant sortir un bon 10 ml de bave. C’était sa façon de dire bonjour. Puis, de fil en aiguille, il a commencé à utiliser sa langue pour faire autre chose que des grimaces, il a tenté de parler. Mais, pas n’importe comment. Zack avait créé son propre langage et il nous jasait ça en malade. C’était époustouflant. Il avait inventé un dialecte et parlait constamment dans sa langue (LOL). Il était un petit génie pour mon coeur de maman, mais mon petit génie a eu de la difficulté à échanger son dialecte pour notre belle langue, le français.

C’est là que notre histoire commence.

Je me rends compte que mon fils a de la difficulté à se faire comprendre des autres, de moi aussi malheureusement. À son âge, ce n’est pas alarmant, ce qui l’est c’est qu’il ne dit pas beaucoup de mots. Bref, je ne niaise pas avec ça, à 2 ans et demi il est inscrit sur une liste d’attente pour avoir de l’aide en orthophonie. Quelques mois plus tard, j’ai cet heureux appel au téléphone pour rencontrer (enfin!) quelqu’un qui aura les moyens d’aider mon petit blondinet. 

On évalue Zack. De nombreuses fois. On lui donne plusieurs rendez-vous. Lorsqu’il n’y a pas de place pour lui en orthophonie, puisque la demande est très grande et qu’il n’y a qu’une seule orthophoniste au CLSC de notre secteur, nous sommes envoyé en éducation spécialisée. De fil en aiguilles nous nous promenons à travers le CLSC et ses ressources. Le problème, c’est le stress que tout cela procure à la maman de Zack. 

À moi. 

C’est difficile de ne pas se blâmer. Je me dis que je devrais en faire plus pour lui. Que je ne suis pas à la hauteur de ses difficultés. Je me trouve tellement poche. J’aimerais lui souffler toutes les réponses, mais c’est à lui de faire ce chemin. Et c’est à moi d’accepter ses forces et ses faiblesses. C’est mon devoir de ne pas mettre de pression sur lui. Surtout pas. Mais, de ne pas mettre de pression sur moi non plus. 

Je m’inquiète. Je vois que la demande est très forte en orthophonie et que mon garçon passe d’une intervenante à une autre. Je sais que toutes les personnes qui ont aidé Zack l’ont fait de tout leur cœur. Ce n’est pas eux le problème. Le problème c’est notre système de santé. Ce système qui n’est pas en mesure d’aider adéquatement mon petit blond. En trois ans, mon fils a vu plus de quatre orthophonistes différentes en moins de douze rencontres. Donc, le suivi est négligeable. C’est ordinaire.  

À chaque rencontre, je suis reconnaissante du travail que font ces professionnels de la santé. Mais, je me rends aussi compte du besoin de Zack. Son besoin d’aide qui est beaucoup plus grand que ce qui est offert. Quand je me mets dans sa peau, je panique presque. Il va en voir des vertes et des pas mûres. Il va peut-être être celui qui va travailler dix fois plus que les autres, mais en même temps, c’est le fils de son papa, l’homme le plus persévérant du monde.

Chaque enfant est différent. Le mien a des difficultés bien présentes, mais il a aussi de nombreuses forces qui ne sont pas prises en compte par tout ce système qui nous veut un peu tous pareils. 

Alors, j’ai envie de te promettre Zack que tout va bien aller. Tout va peut-être être un peu plus difficile, mais ça ce n’est pas grave, parce que tu te forgeras une personnalité qui suivra les traces de papa. Et on va se le dire, tu vas être chanceux. Je te promets que je serai patiente et encourageante. Là où plusieurs te sous-estimeront, moi je te relèverai. Moi et papa on croit en toi, on croit que la différence est une force dans ce monde. On croit qu’elle doit exister pour changer le cours de choses. 

Et toi, toi mon blondinet, tu as la possibilité de changer non seulement les choses, mais de le faire en t’inscrivant dans le cœur de ceux qui t’aideront. 

C’est fragile. 

Nous sommes les deux pieds dans ce grand travail.

Mais en même temps, c’est plus fort que tout.

2 commentaires

  1. Abi, Mig, nous avons des défis, des pensées, parfois des désirs et même des combats avec, pour parfois contre touts les barrières du monde pour parcourir le chemin avec notre enfant (nos enfants). Nous pouvons demander la sagesse à Dieu et tout mettre en œuvre selon Son Plan qu’importe les opinions de quiconque. Nos enfants sont précieux et les aider à grandir, à s’accomplir dans les dons et talents qu’ils ont reçu dans le respect est notre plus grande mission. Courage, vous avez été choisi pour être les parents de Zack, Anaïs et Nolan y ils vous revient de mettre tout en œuvre pour les accompagner sur le sentier de la vie. Encouragement: continuez sur votre lancée et prenez exemple sur notre Papa Céleste qui nous aime à la folie comme ses enfants bien aimés Xxxxxmom

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  2. Abi et Mig, laissez-moi vous dire, que vous êtes les parents idéales pour Zack. Quand on voit Zack, personne ne devinerait son défaut de langage. Il est toujours souriant et sûr de lui. Je crois que malgré les difficultés que Zack va rencontrer dans la vie, il va toujours nous surprendre par son audace et son courage qui dépasseront l’intimidation. Vous êtes en train de lui inculquer, plus qu’un langage mais toute une lecon de vie.
    Je crois qu’il sera toujours un petit garçon travaillant, tenace et audacieux et qui saura très bien se faire comprendre. Continuez! Bon courage! Que Le Seigneur vous guide et vous bénisse abondamment avec vos petits trésors.

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