Ma campagne.

Je me souviens encore d’une des premières questions que j’ai posée à Mig:

-Alors, demain tu as congé?

-Heum…non.

-Bin là, Mig c’est Pâques.

-Abi, les vaches mangent même à Pâques. Je dois travailler quand même.

Ouf. La fille de ville venait de faire un face à face avec l’agriculture et avec son futur.

8 ans plus tard, j’ai le goût de vous faire vivre ce que c’est de travailler durant les jours fériés, d’élever des enfants sur une ferme, d’être mariée à un agriculteur donc mariée à l’agriculture elle-même et d’avoir pleins d’animaux. J’ai le goût de vous emmener chez moi, dans ma cours, celle où deux canards se promènent tout bonnement, où parfois j’ai des veaux qui viennent me dire coucou et où surtout, j’ai trois ânes qui crient leur vie. 

Une petite fille me demandait récemment quels animaux nous avions sur notre ferme. Et bien, je vous les nomme, chekez bin ça:

-4 chèvres, que mon homme essai de mon convaincre à traire. J’avoue que je vais plutôt m’occuper de faire le fromage;

-Une gang de poules;

-2 canards (4 la semaines passée… je crois qu’ils ont fait le lunch des renards. Mais, ne vous inquiétez pas, la situation est prise en main ET je vais devoir continuer à vivre en co-habitation avec ces chers amis.)

-1 chien, Poppy sont petit nom;

-Des chats, peut-être même des souris…

-Des Ânes, trois chers animaux qui font un bruit de fou. Juste pour cette expérience qu’est de venir entendre nos ânes, le voyage en vaut la peine;

-4 cochons tout mignons;

-2 chevaux un peu trop gros;

-2 lapins, dont un que je soupçonne d’être albinos;

-300 vaches et leurs bébés (qui sortent toujours faire leur petit tour dans la rue, câline!)

-6 taureaux aux dernières nouvelles.

Avouez qu’on est hot! Jamais, vraiment jamais, je n’aurais cru aimé cette vie à ce point.

J’avoue que lorsque les ânes sont venus BOUFFER mon jardin l’année dernière, j’ai eu et j’ai encore de la misère à le digérer, mais honnêtement, je trippe.

Je trippe, parce que j’ai la nette conviction que je vis quelque chose de vrai. Je suis proche de la nature, proche de la nourriture qu’on met sur la table et les valeurs que nous donnons à nos enfants valent très chers.

J’ai commencé à faire un jardin l’année passé (vous savez celui que les ânes ont bouffffé!). J’étais certaine que je n’aimais pas jardiner. Sûre et certaine. Et bien, je tripe bin raide. De voir mes plants pousser et même de désherber me fais du bien. Je vais peut-être avoir l’air folle, mais bon rendu là… J’ai l’impression d’être connectée. J’entends les oiseaux et j’essaie de leur répondre en souriant quand ils renvoient leurs sifflements au mien. Je croise des verres de terres et mon garçon s’amuse à leur faire une maison en évitant que ma fille ne les engloutisse. J’ai les mains dégueulasse et je m’en fou, ça fait du bien.

J’ai même commencé à triper sur les fleurs. Je vous le dis, je me surprend. Je trouvais ça beau de loin, mais juste de loin. Je n’en voulais pas. Jusqu’à il y a deux ans. Et maintenant…ouf, j’aime vraiment ça. Et que c’est beau des fleurs, surtout de près.

La campagne m’a bien travaillée. Elle a ses petits côtés embêtant, surtout quand je trouve du caca de chevaux à proximité de la maison, genre quand même assez proche, genre trop proche.

Mais, je crois que je suis tombée amoureuse de cette vie qui me permet de voir grandir la végétation et les animaux. Je suis près d’une réalité qui est trop peu connue et qui gagne a être vécue.

 

Récemment, je parlais avec une amie. Elle me demandait ce que je trouvais difficile avec un mari agriculteur. Ce que je trouve difficile, entre vous et moi, c’est le manque de temps. J’aimerais en avoir plus avec mon homme et en famille. Après avoir raconté mon point de vue elle m’a regardé et elle m’a dit:

-Tu sais Abi, le jour où tu vas apprendre à être reconnaissante pour tout ce que tu as au lieu de voir ce que tu n’as pas, ta vision des choses va changer. Tu es chanceuse, parce que ton homme, il travaille autour de la maison. Oui, il travaille beaucoup, mais les enfants et toi pouvez le rejoindre à n’importe quel moment. Il est toujours là, même si tu n’en a pas l’impression.

Et vlang. Ça m’a rentré dedans et bien comme il faut.

Je dis d’abord merci à cette amie qui m’a tellement appris ce soir-là.

Et je veux dire Merci et être reconnaissante pour tout ce que j’ai et ce que j’apprend. Pour l’opportunité que j’ai d’habiter ici sur une ferme, là où tout mes sens s’éveillent.

 

 

 

 

 

 

Un commentaire

  1. Super Abi! Je crois que Mig n’aurait pu trouver mieux comme agricultrice, félicitations pour ton courage et ta bonne volonté de toujours vouloir apprendre!_! Sylvie x 😉

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