Accoucher sans crier sur mon chum, ou essayer.

A c c o u c h e r .

Je le re-écris juste pour vous redonner des frissons: Accoucher!!

Ce petit mot demande beaucoup d’efforts. Autant pour la femme qui vient de découvrir qu’elle est enceinte, que pour celle qui est à 39 semaines, que pour la nouvelle maman et que pour le  »pauvre » futur papa qui va bien sûr assister à cet intense événement. 

Accoucher, ça fait peur. Ça fait même peur avant d’avoir des enfants. On le sait que ça fait terriblement mal et on met en doute le réel besoin d’avoir des enfants à cause de cette difficile étape. Imaginez si accoucher comme nous le connaissons n’existait pas et que ce soit en éternuant que notre bébé vienne au monde(mon vœux le  plus cher lors de ma première grossesse). Imaginez que l’accouchement se fasse sans douleur! On en réglerait pas mal des problèmes. Là, j’essaie de voir des points négatifs à ma super invention et sérieusement, je n’en trouve aucun! Accoucher dans la douceur et sans douleur, ce serait P A R F A I T (et très irréel).

Les femmes, depuis que nous sommes toutes petites, on a l’instinct maternel. On prend soins de nos poupées, on joue aux Barbies jusqu’en 6ième année, on chicane nos frères et sœurs, je vous le dis, l’instinct, il est bel et bien là. Déjà petite, nous savions que nous aurions des enfants. Nous ne savions juste pas comment! Et quand finalement, dans nos cours de sexualité ou lors de la  »fameuse » discussion avec nos parents, on comprend comment ça fonctionne vraiment, ça ne va plus du tout. Le scénario parfait qu’on s’était imaginé vient de s’écrouler et creuse un gros trou qui s’appel la peur, ou pour d’autres, la terreur.

Puis, on tombe follement amoureuse. Assez pour oublier mettons. Jusqu’à ce que notre test de grossesse affiche deux lignes et qu’après le deuxième test et trois larmes plus tard, on comprenne que oui, on va accoucher. Le bébé est là et il va falloir, d’une façon ou d’une autre, qu’il sorte!

Ha bin c â l i n e !

C’est à ce moment que nous avons l’idée très ingénieuse de demander aux mamans autour de nous de nous raconter leur accouchement… Attention aux cœurs sensibles.

Parfois, les histoires étaient tellement intenses que je cherchais désespérement une façon d’accoucher autrement.

Avec toutes ces histoires de mamans, celles que j’avais entendues (de trop près… J’ouvre une petite parenthèse. Lors de ma première grossesse, je vais à l’hôpital pour voir où j’en suis rendue et j’entends une maman accoucher. Je l’entendais très très bien, puisqu’elle hurlait en titiiiiii!! J’ai voulu trouver du réconfort en me disant qu’elle exagérait et qu’elle avait peut-être un tempérament plus extravagant… ERREURE! J’allais vite découvrir que j’avais aussi un tempérament extravagant!) et celle que j’avais lues, je me suis dit que mon couple et mon corps ne seraient plus jamais pareils.

Je me suis donc faite une liste sur laquelle je comptais beaucoup, la voici, la voilà:

  1. Accoucher sans douleur;
  2. Accoucher sans faire CACA!;
  3. Accoucher sans que mon chum ne regarde:
  4. Accoucher sans déchirer:
  5. Accoucher AVEC péridurale:
  6. Accoucher le jour de ma date ou plus tôt:
  7. Accoucher sans complications;
  8. Ne pas avoir de césarienne;
  9. Ne pas crier. Ne pas crier sur mon chum, ou essayer…

 

Ça je vous le dis, c’était la liste de rêve. C’était aussi la liste sur laquelle j’avais le moins de contrôle.

C’était une liste qui me faisait oublier l’essentiel, mon bébé.

Le grand jour venu, on aurait dit que la liste avait pris le bord et tout ce que je voulais était de sortir mon bébé. La vie est si bien faite que j’ai finalement eu hâte, après 9 longs mois de pousser comme une folle pour enfin tenir mon bébé dans mes bras. Et peu importe ce qui se passait autour de moi et en moi, je poussais (toujours comme une folle) pour l’avoir mon petit paquet.

En plus de prendre le bord, la liste n’était vraiment pas adaptée à ce qui m’attendais. J’avoue avoir légèrement haussé le ton à un certain moment… Je me souviens aussi avoir hurlée de me donner mon bébé, alors qu’il était si près. On dirait que les émotions sont tellement fortes, que le moment est tellement intense que tout autour s’éteint et il ne reste que nous, il ne reste que notre nouvelle famille.

Aujourd’hui, lorsqu’une amie ou une connaissance va accoucher (je vais passer pour une folle!), j’ai pleins de petits papillons en dedans. Ça me rappel tellement de souvenirs et j’ai presque envie d’y aller à sa place. Bizarre comme feeling.

Je ne veux traumatiser personne. L’accouchement est ce qu’il est et le restera toujours. Il n’y a malheureusement pas d’exception. Ce que je me disais souvent c’était: « Si toutes ces femmes ont accouché, pourquoi moi je ne serais pas capable…»

Les femmes, nous sous-estimons nos forces et celles de nos conjoints. L’accouchement, étant ce qu’il est, nous le prouve 20 000 fois. Quand une femme veut quelque chose, croyez-moi, elle l’obtient. Et même si c’est un moment très difficile, c’est aussi celui où nous rencontrons les amours de notre vie. Devenir maman commence très difficilement, mais je crois que ça nous prouve ce dont nous sommes capables, ça nous prépare pour ce rôle de parents qui durera toute notre vie.

Et juste pour ça, ça vaut le coup d’accoucher.

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