L’amitié qui vaut chère

Il y a de ces amitiés qui durent toujours, qui ne changent jamais. Et quand on a la chance d’en vivre une, on ne lâche pas le morceau.

Moi, j’étais ce genre de petite fille qui trippais aller au Ardène avec sa nouvelle meilleure amie pour acheter LE collier par excellence; Best friends forever. Et, je vous le dis, je le mettais en tabarouette. Je le mettais jusqu’à ce que ma meilleure amie et moi on se chicane et que ce soit la fin de notre forever and ever. J’ai été cette tannante dans la classe qui passe des papiers où on retrouvait ses quelques mots:

Veux-tu être ma meilleure amie, coche oui, non ou peut-être. 

(Elle avait le choix au moins) (Je ne suis pas du tout intense!)

J’étais aussi cette jeune fille qui rêvait d’avoir une vraie meilleure amie. Une amie avec qui je pourrais tout partager. Je l’ai trouvé, il suffisait de la garder.

Je suis devenue cette jeune femme. J’ai créé pleins d’amitiés autour de moi. Des gens que avec qui je travaillais, des gens qui ont fait la différence sur mon chemin, d’autres, qui l’ont complètement chamboulé. J’ai eu des amis qui m’ont profondément déçus, ça fait aussi partie de la game. J’ai vécu des amitiés qui n’ont duré qu’un court instant et d’autres qui me suivent encore aujourd’hui.

Je me suis rendue compte que la vie file. Elle file pas mal vite. Que les circonstances de la vie en sont pour beaucoup, elles ont un impact sur nos amitiés. La distance sépare, le mariage nous change, le travail et les études s’approprient notre temps, la maison doit être propre, les enfant sont malades, avouez que ça en fait des circonstances qui chamboulent des amitiés.

Et à travers tous ces bouleversements, il y a de ces rares amis qui ne changent pas. Qui accepte que la vie n’est plus ce qu’elle a déjà été.

Il y a de ces amis qu’on recroise un court instant et on a ce sentiment profond que rien entre nous n’a changé. On se comprend, on s’aime autant. On respecte les choix l’un de l’autre. On capote de voir où il sont rendus. Et, on s’ennuie un peu. On ne s’ennuie pas de ce qu’on a vécu, mais de ce qu’on ne peut plus vivre ensemble. On essaye de prendre le plus d’échantillons de la personne et de tenir jusqu’à notre prochaine fois. On se dit  »Bye » en se regardant droit dans les yeux et on se dit qu’on s’apprécie pas mal.

Avant de revoir de  »vieilles »amies, je suis profondément stressée et solidement excitée. Je ne sais pas à quoi m’attendre. On vas-tu encore se comprendre, on vas-tu rire, va t-il y a avoir des silences trop lourds? Après, je me demande si elle aura changé physiquement et entre les deux oreilles. Pi, j’embarque dans mon auto, je roule un peu trop vite et je m’arrange, pour une rare fois, d’arriver à l’heure. Quand je vois finalement le bout du nez de mon amie, le stress me lâche et je suis solidement é-n-a-r-v-é-e. J’oublies un peu de me taire et je pose toutes les questions du monde. Je finis par me calmer quand un de mes enfants renverse un verre d’eau sur la table. Ça y’est je suis revenue sur terre.

Et, je me rends compte que mon parcours m’a offert pleins de différentes amitiés. J’ai croisé le route de pas mal de monde. De mon client régulier au Boston Pizza qui arrivait toujours à 16h pour me raconter sa journée, à ma  »best friend forever » du primaire, aux amis du secondaire, aux mamans que je rencontre durant mes sorties avec les enfants, à tous ceux qui ont perçu mon style particulier en ski de fond (et en ski alpin, je l’avoue). À travers toute cette belle brochette de gens que je croise, j’ai eu la chance de me faire des amis, des vrais amis.

Ces pauvres amis qui m’ont vu faire semblant d’être saoule à ceux qui m’ont vu devenir maman. L’amitié, celle qui tient malgré tout, ça vaut pas mal cher. Assez pour acheter des colliers chez Ardène et être bin quétaine. Il ne reste qu’à les garder, envers et contre tous.

Chin à l’amitié! Chin à ceux qui accepte d’être ami avec l’intense femme que je suis!

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