Le soir, je regarde par la fenêtre en espérant que ton tracteur soit en direction de la maison, que tu le rentres dans le garage et finalement, que tu fermes la porte et rentres à la maison.
Je ne sais pas combien de fois je me surprends à regarder par la fenêtre. Des fois, je fais une pause et je demande à Zack d’aller voir à ma place.
J’èspère que tu finisses enfin ta journée et que tu rentres avec nous.
Ce qui nous manque, ce n’est pas d’amour, c’est de temps.
Je m’imagines en train de faire des sorties avec toi en plein vendredi après-midi. On pourrait aller glisser ensemble, et tu t’occuperais de remonter les traîneaux (et les enfants) pendant que je souris d’aise en haut de la mini-montagne. Je nous imagine en train de faire notre vin maison, à foutre notre cuisine à l’envers parce qu’on aura probablement fait pas mal de dégâts. Je nous imagines en raquettes, dans nos champs, avec une bière dans les poches pour notre pause santé.
Tu sais Mig, j’ai des activités pleins le cœur. On n’a juste pas le temps qui vient avec.
Ces sorties, je les fais en solo avec notre gang. Je les fais en solo et je t’imagines dans chacune d’elles. Les premiers instants en ski avec notre Zozo, je t’imaginais assez bien lui proposer un chocolat chaud pour rentrer en dedans et avoir les fesses au chaud. C’est pas mal toi ça. Quand on sort à la maison des familles, je t’imagines, ha non! En fait, je ne t’imagines pas dutout en train de prendre un café avec d’autres parents en tentant de comprendre les moindres faits et gestes de tes enfants. Ça ce n’est pas toi, mais pas pantoute.
Avoir un homme qui travaille beaucoup, c’est intense. Avoir un homme qui travaille dans le domaine de l’agriculture, c’est carrément fou. Même si L’amour est dans le pré semble presque parfait, je confirme que c’est…imparfait! Tu sais, je n’étais peut-être pas candidate, mais je me suis quand même inscrite pour toi et je savais dans quoi je m’embarquais et c’est là le problème.
Je savais avec qui je voulais fonder une famille. Je savais très bien que même si on avait des enfants, ton travail ne te donnerais pas moins d’ouvrage ni plus de temps. Mais, entre savoir et vivre, il y a un méchant écart.
Aujourd’hui, je te regarde et je m’ennuie. Je m’ennuie d’être avec toi, de toi.
Mais, en m’ennuyant, je réalise aussi que je dois créé du temps. Créé des opportunités, des occasions avec toi. Si la ferme ne veut pas te donner un air-lousse, moi je vais venir à elle. C’est pour ça que je viens faire mon petit tour avec les enfants, que je tente d’embarquer avec toute ma gang dans ton tracteur. Je confirme que 5 dans un tracteur c’est très peu conventionnel et encore moins confortable.
C’est vraiment facile de chialer et d’espérer. Ce que je dois faire maintenant, c’est de saisir toutes les opportunités qui me rapproche de toi.
Cette semaine, je me voyais dans la cinquantaine, dans la fenêtre à t’attendre, encore. Honnêtement, j’étais découragée. Ensuite, je me suis dit que je ne voyais pas les choses du bon côté. Premièrement, si à 50 ans, je t’attends encore, c’est parce que je t’aimerai toujours autant. Ensuite, ça va sûrement faire mon affaire de relaxer 1 heure après ma journée en t’attendant tranquillement avec un bon verre de vino, devant un beau foyer de préférence.
En gros, j’aime quand même m’ennuyer de toi (ok…ça commence à sonner bizarre mon affaire). Juste parce que quand tu es là, je l’apprécies encore plus. Parce que ça me force à me dépasser avec les enfants et surtout ça me pousse à vivre avec moi-même. Ça me permet de vivre mes passions. Je joue du piano, je fausse sans que tu ne t’en rendes compte et quand c’est fin prêt, je t’offre la chanson comme si de rien n’était! Je n’aurai pas le choix de me tenir occupée et ça tombe drôlement bien, c’est pas mal mon genre ça bouger sans arrêt et avoir plein de choses à raconter. Dans le fond, à 50 ans, quand je vais t’attendre, je vais en avoir du stock à te raconter, attaches ta tuque mon Migwel.
Ce soir, je regarde par la fenêtre, et drôlement, j’ai un sourire aux lèvres. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que j’ai hâte d’avoir 50 ans, peut-être parce que je suis folle ou c’est aussi peut-être à cause de la coupe de vin que je bois haha!
Sérieux, je te regarde travailler et je sais que ce ne sera pas toujours facile. Que souvent, je souhaiterai que tu sois là, mais que tout le temps je me réjouirai quand tu seras avec moi.
Très touchant Abi, mom xxxxx
Envoyé de mon iPhone
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Touchant, mais encourageant hein mom?
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Chère Abi,c’est très beau! Tu sais à 50 ans, tu n’as pas seulement hâte de revoir ton mari chéri mais aussi tu souhaites que « tes richesses« viennent te visiter plus souvent. Tu as hâtes de voir « les intérêts¨` de « tes richesses« et les serrer dans tes bras. Même s’ils chavirent la maison quand ils passent, Tu rêves de passer du temps avec eux, parce que le temps passe trop vite. La vie est ainsi faite, il faut en apprécier chaque moment et enregistrer dans nos cœurs les moments les plus précieux.
Sylvie x
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Oui tellement. Je suis en mode enregistrement
, c’est sûr et certain!
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Chère Abi que je te comprends même si mon homme n’est pas dans le même domaine, nos vies se ressemblent étrangement. Il faut profiter de chaque instant en famille et en couple et savoir vivre notre vie sans toujours attendre notre homme. Plus dur à dire qu’à faire hihi. Pas facile de trouver l’equilibre 😉. Moi aussi je savais dans quoi je m’embarquais avec le métier qu’il fait, mais le vivre avec des enfants, c’est une toute autre aventure, qui je dirais, est parfois houleuse comme la mer.
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Très, très bien dit Isa. J’aime quand tu dis que c’est parfois houleux. Merci pour ton beau commentaire, j’aime savoir quand je rejoins
mon entourage 🙂 xx
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