7h30 plus tard…2

…Et c’est dans la Vallée de la Matapédia qu’on se sentait vraiment et profondément chez nous. C’était ici notre maison et personne ne nous dirait le contraire.

Déménager a été une des périodes les plus sombres pour notre famille. Bin oui, la vie ce n’est pas toujours Heidi dans la montagne. Nous avons connu notre lot d’embûches. Je me demandais presque si on ne pouvait pas changer d’idée et revenir à Joliette. Miguel pourrait se trouver un travail dans la construction ou bien, il aurait fait du forfait en malade pour les autres agriculteurs. Je me disais qu’on s’était peut-être trompé. Ce n’était pas normal que tout aille si mal. Vraiment tout. On a connu la mortalité des animaux, la dépression, on a habité une petite gang dans un 4 1/2 un peu trop longtemps et le découragement était pas mal trop présent. En l’écrivant ça me donne des petits frissons, cette période hante encore les nuits de Mig.

Mais, savez-vous quoi, on avait un rêve. Et ce rêve était ici. C’était d’avoir une ferme en bonne posture financière, c’était une rivière près de la maison, c’était d’avoir du temps et une qualité de vie sur la coche. Je rêvais que mon homme rentre satisfait de sa journée, qu’il s’entende bien avec son père. Je rêvais et rêve encore à ma maison, hein Migwel !!!!

Des rêves, en venant ici, j’en avais pleins les poches. La plupart sont déjà réalisés. Mon mari et son papa sont des partner de feu, s’est presque agaçant (bin non Walo, même si tu appelles toujours Mig, je suis très contente de te niaiser au téléphone). Notre ferme s’en va du bon bord, en tout cas nos vaches sont solidement belles et leurs veaux en parfaites santé (les taureaux aussi!). On a une rivière à côté de la ferme.

Et, le plus important, on a du temps. Ça, ça n’a pas de prix.  L’été, contrairement à Saint-Thomas, je vois Miguel. On va pêcher, on va manger des crèmes glacées molles en masse, on fait des petits feux sans brûler notre patio…. Mais, on ne fait toujours pas de cheval! Pour ceux qui ne nous connaissent pas, Mig a acheté deux chevaux, qui pour l’instant, servent de décoration… câline!

Je suis loin de mes racines. Des fois j’aimerais être téléportée tout près d’elles. Mais, jamais je ne regretterai ce choix, celui de tout empacter pour venir m’installer à Val-Brillant. Ma famille est toujours la bienvenue ici et lorsqu’on se voit, on tripe encore plus. C’est vraiment plus intense. Au lieu d’un souper par 3 semaines, on en claque 4 en 4 jours, en veux-tu de la vaisselle ? En v’là ! Depuis qu’on habite ce beau coin de pays, on a plein de visite et ça, c’est un point très fort. J’aime tellement avoir du monde autour de moi. Vous êtes tous les bienvenus si, bien sûr vous m’apportez du chocolat (ou du Nutella).

On a décidé de poursuivre ce rêve qui était fou, sérieusement, qui déménage une ferme ? Nous! On est cette famille qui n’a pas froid aux yeux. On a le vent dans les voiles. Notre histoire, dans le Bas-St-Laurent, vient de commencer et on a déjà eu le temps de faire trois enfants. Ça roule notre affaire ! J’espère juste que personne parmi nous 4 ne rêve de redéménager une autre fois, ce sera un non catégorique !

 

(la photo date de la semaine dernière, l’hiver est commencé ici!!!!!!! YOUPIDOUUU! J’ai même fait mon arbre de Noël. Mais, cette folie, c’est pour le prochain article!)

 

 

2 commentaires

  1. Abi, j’ai beaucoup aimé lire ces deux articles. J’ai également quitté familles et mais pour m’installer près de mon amour, à 6-7h de route (heureusement, on a le train, ça prend moins de temps 🙂 ). Mais je ressens souvent aussi cette envie de juste faire 15 minutes pour prendre un café avec ma maman ou ma soeur. Et se refaire des amis et vraiment dur!! Merci pour ces articles qui m’ont encouragé à toujours voir les points positifs de cette distance, même dans les moments de déprime 😉

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