Moi, fermière.

J’ai commencé à m’entraîner!

C’était ma première fois cette semaine depuis, ouf, depuis un méchant bout. Moi, je suis zéro en forme. 1/10 en forme mettons. Quand on monte des  »montagnes » avec Mig, ce qui n’arrive presque jamais, on pourrait dire que je fais semblant de m’émerveiller exagérément sur le paysage. La parfaite excuse pour prendre de petites pauses et essayer de reprendre le contrôle sur tout mon corps qui est clairement déstabilisé. Moi qui étais certaine que d’avoir trois enfants me mettraient forme. Et bien, même si je vais dehors à tous les jours et que je les porte dans mes bras… ma condition physique laisse à désirer.

Bon, je m’en vais loin juste pour dire que je m’entraîne avec une gang de filles agricultrices. Elles sont vraiment hot. Je les écoutais jaser et elles semblaient toutes participer activement à la vie de la ferme. C’est là que j’ai commencé à me sentir mal. Bon, oui je suis femme d’agriculteur, j’ai déjà mis les pieds dans une étable, je sais que Mig trippe sur les John Deere et que nous avons une méchante grosse gang de vache, mais mes atouts s’arrêtent pas mal là. Je ne peux pas m’aventurer à parler de machinerie, de génétique, de terres fertiles ou de semences parce que je vais clairement passer pour une folle. Et oui, les preuves sont faites. L’agriculture et moi, on s’aime bien, mais on ne se comprend pas trop. Ou plutôt, je ne saisis pas tout de ce vaste monde qu’est l’agriculture. 

Et ce n’est pas parce que ma belle-famille ne m’a pas donné ma chance. Encore aujourd’hui, Miguel aime me remémorer ces intenses souvenirs. Ce temps où j’allais avec lui en tracteur en jupe avec mes gigas boucles d’oreilles et mon  maquillage extravagant. Il n’y en avait pas de problème, même si ça puait la marde, mon  »outfit » était toujours sur la coche (vraiment trop intense la fille)…

Il en parle presque avec regret, parce que maintenant, bien honnêtement, quand il me demande de venir déplacer les vaches avec lui, mes pipos (pantalon mou, jogging…), mon coton-ouaté et des belles bottes de pluie font bien la job. Et c’est nettement plus pratique pour courir qu’une petite jupe et des grosses boucles d’oreilles qui font mal en TA.

Mes histoires en agriculture ne s’arrêtent pas là, j’ai quand même plus de huit ans d’expérience derrière moi, avis aux employeurs intéressés par mes inestimables services. En huit ans, j’en ai fait du chemin, tellement qu’aujourd’hui, mon aide n’est presque plus demandée (LOL).

Ma première fois, c’était probablement en déplaçant un troupeau de vache d’un pacage à l’autre. Ce fut une fois mémorable. Moi qui parle aux vaches comme si elles étaient des humains intelligents qui écouteraient mes consignes:

-Non les vaches, pas par ici, suivez-moi je vous montre le chemin.

Et oui.

J’ai fini la face dans la marde de vache et BIN ÉTAMPÉE. Les vaches, dites compréhensives, n’étaient pas tellement d’accord avec mes consignes et ont préféré foncer droit vers moi.

Ma deuxième fois. Je passais la charrue (je crois que c’est le bon nom, c’est une machine qui sert à retourner la terre. On l’accroche derrière le tracteur). Bref, j’ai passé une bonne partie de la journée à faire ce travail. C’était vraiment hot. Je conduisais le tracteur et étais en total contrôle de mon art. Enfin presque… J’ai dû appeler mon beau-papa pour lui annoncer que j’étais prise, voir calée, dans le champ. À son plus grand plaisir il m’a sincèrement demandé comment j’avais fait pour rester prise dans une pente, parce que oui oui, j’étais bel et bien dans une côte. Et être prise dans cette position est extrêmement rare, voir impossible… La gravité aurait dû faire son travail. Mais, bon j’avais omis de penser à ce petit détail.

Ma troisième fois et la dernière pour que vous ne soyez pas trop découragé. Les parents de Miguel étaient en vacances et mon cher mari avec besoin d’aide pour faire la paille. Donc, je vous explique. Ici, nous avons un hache-paille, une machine rattachée au tracteur qui propulse de la paille dans l’étable et les vaches sont ainsi au chaud. Pour que la paille se rendre dans le hache paille, il doit y avoir un autre tracteur qui avec son godet prend une balle de paille et la met dans le hache paille. Mes explications sont bonnes, vous suivez? Donc Mig est l’homme qui se trouve dans le premier tracteur, celui qui contrôle le hache paille et qui propulse la paille dans l’étable. Moi, je suis l’heureuse chanceuse qui mets les balles de paille dans la machine. J’étais assez hot merci. Je mets la musique au fond et je fais semblant que je suis une agricultrice hors-pair. Miguel semble fier de moi et nous réalisons la tâche haut la main. L’étable est pleine de paille et les vaches ont déjà l’air confortables. Imaginez-les, bien dodues dans une étable fraîchement construite (parce que oui, l’étable venait d’être finie) et soignées aux petits oignons par nul autre que MOI. C’est à ce moment que ma vie s’écroule, mais pas aussi bien que le toit que je viens d’arracher avec le fameux godet de mon tracteur, CÂLINE. J’avais oublié de baisser ce tabarouette de godet et j’ai réussi, à moi seule, à arracher tout le travail que mon mari et son papa venaient de finir. Le visage de Mig s’est un peu assombri et sa fierté (en même temps que la mienne) a fait une chute spectaculaire. Pas besoin de vous dire que Mig ne m’a pas redemandé de l’aider à faire la paille. Ce n’est pas faute de m’être re-essayé. Je crois que mes services sont bannis. La triste nouvelle s’est rendue jusque dans les vacances de mes beaux-parents, mais j’avoue que jamais mon beau-papa ne m’en a reparlé. Ouf… J’ai eu chaud.

Donc, pour en revenir à mes talents naturels de farmer je crois que je dois m’avouer vaincue. J’ai des forces. Je fais rire ma belle-famille lorsque je vais les aider sur la ferme. Et honnêtement j’aime la ferme. C’est juste que je ne suis pas très habile.

Mig voulait une partner de vie qui lui changerait les idées. Je crois qu’il a bien choisi.

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