Monter une montage sans marcher.

C’est reparti pour l’ascension de la bête. Devant nous, un bon 3 heures de montée, rien de moins et surtout rien de plus ( s’il vous plaît!!).

Je vais vous beurrer mon histoires de tous les détails croustillants…

Il était quand même passé midi et en bonne et fidèle Abigaïl St-Amour qui se respecte, mon ventre criait famine. Et ce n’est pas l’endroit où je crois que nous pouvons nous passer d’un repas très longtemps, un restaurant voisine l’autre et ce sur plusieurs mètres. Je penchais drôlement pour choisir un de ceux-ci quand Miguel me fit atterrir à la Coop, l’épicerie de la place. Ce n’est pas le genre de pizza à laquelle je rêvais, mais bon, une bonne baguette, du saucisson (et oui encore) et du vin, ça ferait bien la job.

Nos trésors entassés au fond de nos sacs à dos, on se cherchait maintenant le spot pour manger. Et tant qu’à devoir monter, on trouverait un bel endroit en marchant. Décision de groupe acceptée, il ne restait plus qu’à trouver où était notre randonnée parmi toutes celles indiquées. Ça commence à se compliquer (déjà..). Pas que nous ne soyons pas les meilleurs en interprétation de cartes, mais ça ressemble pas mal à ça.

À 4, en s’enfonçant dans Zermatt, nous nous sommes rapidement rendus à l’évidence, notre force n’était clairement pas la géographie des cartes Zermatiennes (ça sonne un peu spatial). Un cul de sac plus loin, nous nous sommes remis en question. La question a finie devant un guichet où une jeune femme nous vendait des billets pour se rendre au sommet.

Ne riez pas, notre idée était ingénieuse?

Ce n’était certainement pas moi qui allait m’opposer à ne pas monter plus de 3 heures dans les belles montagnes qui se tenaient devant nous. J’étais surtout la première à écouter attentivement la jeune qui femme qui nous décrivait le nouveau trajet que pouvait nous permettre le train et le télé-siège à travers les sommets.

L’offre était donc unanimement acceptée! Pour une somme plus ou moins modeste nous monterions d’abord en train pour nous rendre à la station 1. Puis, nous devions prendre un télé-siège pour nous rendre encore beaucoup beaucoup plus haut, à la station deux. Mais, il n’y avait qu’un détail important que nous ne devions pas négliger concernant la descente: tout les services de transport fermaient à 18h au somment. On se regarde, y’en a pas de problème, on va redescendre à pied, on peut bien faire ça. Donc, si je récapitule, on monte bien haut sans nos pieds et on descend plus de 4 heures de temps avec nos pieds. L’offre était acceptée.

On se dirige donc pour la première partie de la montée, en train. Tout se passe sous le sol. Nous ne voyons aucun paysage, mais on le sent, ça monte très vite et c’est très à pic (voir très très). On arrive à la première station et notre souffle est coupée. Ce n’était peut-être pas le voyage de train le plus long, mais nous sommes rendus vraiment haut. La vue est imprenable et on choisi ce premier spot pour manger notre merveilleux et bienvenu dîner. Jusque là, tout va bien. Le dîner est fini, les gars ont dit des conneries, tout est normal.

On s’attaque à la deuxième partie de la montée, en télé-siège. Cette fois, on voit du paysage et c’est solidement beau. Vertigineux et grandiose. On arrive donc à la deuxième station sain et sauf, le télé-siège ne s’est pas décroché du câble, tout est beau, WE ARE SAFE. En sortant de la station, nous tombons face à face avec de drôles de bêtes, des moutons très très poilus qui ne doivent pas être en mesure d’admirer la vue aussi bien que nous avec tout ce poil dans le visage. Joanie, s’en approche et se penche pour les flatter (Joanie, c’est la fille la plus amoureuse des animaux au monde), jusqu’à ce qu’un des deux gars lance:

-Attention, il va te mordre!

C’était un incontournable. Un petit fou rire nous attrape et je me trouve soudainement très chanceuse de faire mon voyage avec cette petite troupe. On se lâche lousse dans les photos même si Hugo fait de la pression pour qu’on commence l’ascension qui durera environ 45 minutes pour ***toucher** le sommet (oui on est vraiment haut, on est vraiment hot).

Mes petites jambes se réveillent et me remercient de ne pas en avoir demandé plus, 45 minutes de montée était bien suffisante pour elles. On arrive au dernier resto d’alpage. Le restaurant super typique où on s’installe sur des chaises longues, une bière en main et des conversations à fond. On est vraiment contents de notre investissement. On voit, juste un peu plus loin que la pointe de la montagne semble atteignable. Pas plus fou qu’un autre, on se dit que tant qu’à être là, on se lâche lousse et on grimpe là-haut (toujours le sens de l’exagération).

On se remet donc en selle et on gravit les derniers milles qui nous sépare de la neige qui se tient sur le sommet. On gravit une pente drôlement abrupte, c’est haut et un ravin est à nos pieds. La panique nous pogne. Moi et Joanie on se regarde et on décide que ce sommet sera notre dernier.

C’est là que tout se complique. C’est là que les problèmes commencent.

On se sépare. Les deux gars partent ensemble décidés à atteindre le sommet pendant que nous les attendrons au télé-siège. Ça sonne bien à nos oreilles. On est surtout très contentes de ne plus avoir ce sentiment de vertige très intense. On redescend donc toute les deux jusqu’au télé-siège. On jase en masse, on jase vraiment en masse. On se stationne sur un banc à côté de l’entrée des télé-sièges et on se dit qu’on attend les gars jusqu’à 17h30, s’ils viennent, tant mieux, sinon et bien… tant pis. Notre plan semble super. C’est lorsqu’on se retourne vers les portes fermées vers 17h31 qu’on se pose des questions. Des gens se tiennent devant et semble dire en une langue forte intéressante que c’est fermé. Non, ça ne se peut pas, tout fermait vers 18h. Impossible que les portes se soient fermées devant notre nez. Pourtant tout semble très possible, puisque les portes sont belles et bien barrées. La panique s’empare légèrement de nous. C’est deux heures que nous ajoutons à notre descente. Câline!

On s’offre donc une petite course jusqu’en avant du bâtiment où une barrière de sécurité empêche l’accès au télé-siège. Par le plus grand des hasards, les deux hommes qui ferment la station nous voient et nous font des signes en leur direction. En gros, ça veut dire venez les filles! On ne se fait pas prier, on court encore plus vite. Les deux hommes nous font embarquer dans le télé-siège et ferment la station juste après nous avoir embarquées. Moi et Jo, on se regarde, on ne peut pas s’empêcher d’être vraiment contentes, on vient de se sauver un billet pour la descente et 2 heures de marche. On est hotttt (ou très chanceuses).

On arrive donc à l’endroit où nous avons dîner quelques heures plus tôt. Le train est encore en fonction, on pourrait redescendre très facilement. Il ne nous faut que 17 francs pour la descente. Ce n’est pas cher, mais nous n’avons que 20 francs chacune et nous mourrons d’envie d’une bonne sangria. On choisi donc ce merveilleux breuvage à la descente en train. Ceci veut dire que nous descendrons durant deux heures avant d’arriver dans la ville de Zermatt, avant d’arriver dans un magnifique resto, avec une succulente sangria baby!

On start la descente, il faut quand même bien marcher un peu. On est bien motivées. On suit les panneaux qui nous indiquent drôlement le chemin. Ce n’est pas trop long que la motivation nous quitte pour donner place à une légère panique. Les sentiers sont bizarrement indiqués et on a vraiment l’impression de se perdre. C’est à ce moment, après environ 15 minutes de descente qu’un pick-up passe à côté de nous. On se surprend à lui faire des signes (ok, non on a fait exprès).

Le monsieur à bord nous propose en anglais (je comprends vraiment bien tout d’un coup) si nous voulons embarquer à bord. Ha bin tabarouetttteeeee, cette offre est             A C C E P T É E à l’unanimité. Le charmant monsieur nous donne des doudous et on se fait un petit coin assez confortable dans la boîte du pick-up. Là, on se trouve vraiment drôles et on réalise que finalement on n’a pas trop marché. Et c’est très drôle.

On arrive, après 15 minutes de pick-up au lieu de deux heures de marche, dans la ville. Et tout d’un coup, comme un flash, on se souvient de nos enfants. On remet la sangria à plus tard et on se met sur le dossier enfants Ellenberger. Il faut donc prendre tout notre courage et annoncer à notre belle-sœur que nous n’arriverons aucunement dans les délais. Mettons qu’on doit lui dire qu’au lieu d’arriver vers 18h, il sera plutôt 23 heures et on est généreuses. Si ce ne serait que de nous deux, nous serions en route pour le retour, mais nous avons laissé deux patates d’Ellenberger au sommet de la montagne et le sommet et soudainement très loin.

Bon, la mauvaise nouvelle est annoncée à notre belle-soeur, ce n’est pas comme si nous lui avions donné le choix.

On se dirige donc vers notre sangria en espérant que nos deux ours reviennent bientôt et en un morceau. Arrivées à destination du restaurant, on déniche une table sur la terrasse, mais on déniche surtout le menu qui propose la pizza tant convoitée. Et c’est là qu’on doit faire un choix déchirant, la pizza ou la sangria.

Nos ventres gagnent, la pizza est en route. On se la joue plutôt mollo et on boit de l’eau. On reçoit finalement des nouvelles de nos hommes. Bonne nouvelle, ils sont en vie, mauvaise, ils en ont encore pour deux heures de descente. No stress, on a des sujets bien croustillants à discuter et la terrasse de ce restaurant est assez confortable pour attendre aussi longtemps qu’il le faudra.

Nous apercevons finalement deux gars particulièrement excités et contents de nous avoir retrouvées. Ils nous racontent leurs folies et la façon dont ils ont PRESQUE touché le sommet. Leur récit sort tout droit d’un film de James Bond, sauf qu’il n’ont pas rencontré de femmes séduisantes (UNE CHANCE!).

22h pile, on demande l’addition et on se prépare mentalement au retour imminent. C’est quand la facture atterrie sur notre table qu’on se rends compte que l’eau nous a coûté 15 francs tabarouette! Avoir su, on l’aurait bu notre sangria!!!

On refait donc le parcours à l’inverse et on retrouve notre chère voiture qui nous conduira vers une gardienne très soulagée de nous revoir.

Dois-je spécifié que moi et Jo, on a dormi tout le long des deux heures de route…

 

Merci Zermatt pour ses histoires qui ne tiennent pas debout.

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